La Grande Histoire du Cinéma
| La préhistoire du cinéma | ||
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L’être humain a toujours chercher à figer le temps… |
Depuis le début de l’humanité, l’être humain a toujours cherché à figer le temps et à documenter sa vie. Encore aujourd’hui, on peut voir des empreintes de mains « taguées » au pochoir ou « imprimées », il y a plus de 30 000 ans sur des paroies de grottes. Des scènes de chasses ou de la vie animale, peintes au charbon de bois ou à la teinture de plantes. Il y a 3000 ans des égyptiens racontaient déjà leurs vies et leurs visions mystiques en images sur des papyrus ou des murs, avec un sens de la mise ne scène et du montage évident. Sortes de « storyboard » avant l’heure, les aventures de tel roi, le voyage après la mort ou tout simplement les actes de la vie quotidienne. Pourtant, il faudra attendre encore quelques milliers d’années, avant que la technologie permette à l’homme d’assouvir son désir d’apprivoiser le temps et de matérialiser en images ses rêves et ses peurs… |
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| pour inciter les héros divins de son épopée à se réincarner dans leur marionnette… |
Rouleaux narratifs Le principe du « rouleau narratif », grand dessin panoramique déroulant sur papier ou sur soie, fut largement utilisé en Chine et au Japon à partir du Xe siècle par des conteurs comme support narratif. Ces grands dessins cinétiques, servaient à planter le décor, à suivre la progression de l’intrigue et permettait aux spectateurs de voir les déplacements du héros dans les dédales des palais ou des villes… Il pouvait bien sûr y avoir un rouleau pour chaque « plan séquence » du récit, et être accompagné ou non par des musiciens. Théâtre d’ombres
Les ombres peuvent présenter des profils nets mais aussi des flous et des bougés qui apportent dynamisme et action à la narration. La technique même, du théâtre d’ombres est très simple : On tend un écran semi transparent, face au public, et les montreurs placés derrière, manipulent, à l’aide de bâtons, des figurines transparentes ou non dont le spectateur voit les ombres colorée et animées. Tout l’art de ce théâtre est dans les mains et l’habilité du marionnettiste… En Indonésie, le Wayang Kulit est pratiqué depuis plus de 1000 ans, comme un art très raffiné, et reste encore très populaire de nos jours à Java. Son répertoire est très influencé par l’Inde et l’hindouisme. Les marionnettes montées sur une tige de corne ou de bois ont les membres, la tête et la bouche articulés. Le Dalang, marionnettiste mais aussi prêtre, commence le spectacle par une offrande. Accompagné d’un orchestre (Le Gamelan) et d’acteurs, il joue et chante son histoire tout en manipulant ses walangs pour, dit-on, inciter les héros divins de son épopée (Ramayana) à se réincarner dans leur marionnette… En Europe, la démarche est souvent moins mystique, mais la technique est très proche. Les personnages confectionnés de carton ou de bois, parfois en zinc, sont souvent aussi articulés et habilement animés par leur marionnettistes. En France, le théâtre d’ombres est resté très actif jusqu’au début du XXe siècle. Jusqu’en 1896, au cabaret Le Chat Noir de Montmartre, on pouvait s’émerveiller des spectacles de théâtre d’ombres. Par une sophistication étonnante des machineries, les maîtres marionnettistes réussirent à faire superposer trois plans d’ombres et de nombreux filtres de verres de couleur, donnant aux ombres une palette chromatique infinie. |
| La persistance rétinienne | ||
| Le cinéma n’est pas capable, en lui même, de reproduire un mouvement continu |
Une des observation qui participa à la création du cinéma, est cette particularité physiologique de l’œil humain connue sous le terme de « persistance rétinienne ». Lorsque nous regardons un objet, son image se forme sur la rétine, « surface sensible » à la lumière qui tapisse le fond de l’œil. L’image ainsi captée par la rétine met une fraction de seconde à disparaître. De nombreux instruments furent construit sur ce principe, du simple thaumatrope (2 images tournant autour d’un axe) au praxinoscope à miroirs d’Émile Reynaud. En 1831, le Belge Joseph Plateau, commercialisera avec un certain succès, un « jouet optique » le phénakistoscope :
comme sur l’animation ci-dessous : Comme on peut le comprendre sur cet exemple, le cinéma n’est pas capable, en lui même, de reproduire un mouvement continu, mais seulement quelques extraits figés de ce mouvement. C’est au cerveau humain qu’est laissé le soin de recréer le mouvement dans son intégralité… Une quinzaine d’images par seconde, permettent de le « leurrer », mais 30 donnent une meilleure fluidité cinétique. • 1798 : Etienne-Gaspard Robert fit la première présentation à Paris de sa Fantasmagorie au Pavillon de l’Echiquier. Sa lanterne magique sur roulettes, le Fantascope, équipé de 2 objectifs lui permettait de faire des travellings, des fondus-enchainés et tout ça avec l’auto-focus ! • 1889 : Le théâtre optique, permet de projeter sur un écran une animation à l’intérieur d’un décor fixe, via deux lanternes magiques. C’est avec le théâtre optique qu’Émile Reynaud projette en public les premiers dessins animés, alors appelés pantomimes lumineuses, à partir d’octobre 1892 et jusqu’en 1900, au Musée Grévin. Il est accompagné au piano par Gaston Paulin qui compose les musiques. |
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Les plaques de verre sont parfois munies de petits mécanismes permettant d’animer partiellement l’image. |
Le premier « vrai ancêtre » du cinéma est peut être la camera obscura, décrite par Aristote 350 ans av. J.C., elle aboutira bien plus tard à la lanterne magique, et aux premières chambres photographiques. Mais il faudra attendre la rencontre de deux domaines du savoir pour que naisse la photographie : la physique (mécanique et optique) et la chimie (film et bains de développement).
Principe de la camera obscura Principe de la lanterne magique |
![]() Camera obscura portable – 18e siècle
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Elle consiste dans la reproduction spontanée des images de la nature |
• 1826 : Les alchimistes du moyen-âge avaient déjà observé le noircissement des sels d’argent à la lumière. Mais il faudra attendre 1826 et Nicéphore Niépce, pour que la première photographie voie le jour… La surface photosensible était une plaque d’étain enduite de bitume de Judée (goudron). Le procédé est assez rudimentaire et tiré de techniques d’imprimerie. Après exposition dans la camera obscura, la plaque est rincée dans un bain d’essence de lavande. Le bitume de Judée est éliminé sauf là où il avait été directement exposé à la lumière et donc “cuit”. Le temps d’exposition de + 8 h en plein soleil rendait le procédé inutilisable en photographie courante et l’instabilité à la lumière des vues obtenues, le fit vite abandonner.
• 1835 : Louis Daguerre. invente le le daguerreotype, procédé sur plaque en cuivre sensibilisée à l’iodure d’argent, permettant de photographier tout type de scènes, avec des poses de “seulement” quelques minutes… Le procédé donne une image positive directe, d’une remarquable conservation dans le temps mais à exemplaire unique. Daguerre écrit au sujet de son invention : « Elle consiste dans la reproduction spontanée des images de la nature reçues dans la chambre noire, non avec leurs couleurs, mais avec une grande finesse de dégradation de teintes. » Le procédé est toujours utilisé de nos jours par quelques artistes. • 1840 : William Henry Fox Talbot qui menait des recherches parallèles à Niépce et Daguerre, invente le calotype, premier procédé « négatif-positif » qui permet le tirage multiple, puis plus tard l’agrandissement, et donc la diffusion illimitée des photos. Cependant, le calotype ne rencontra pas un succès immédiat, car breveté et soumis à des droits d’utilisation élévés. • 1876 : Pour capturer le galop d’un cheval de course, Eadweard James Muybridge mit au point une expérience : le long d’un champ de course, il plaça 12 appareils photographiques espacés régulièrement qui se déclenchèrent automatiquement au passage du cheval. Il obtint ainsi un mouvement décomposé en 12 photographies. (ci-contre) |
| L’invention du cinéma | ||
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par des séries d’épreuves instantanées, tous les mouvements qui, pendant un temps donné, se sont succédés devant l’objectif, |
Bien que l’on ne puisse attribué à une personne seule « l’invention » du cinéma, car il fut le produit de plusieurs siècles d’évolution technologique, de curiosité artistique, et de soif de merveilleux, on peut dire que les frères Lumière, au nom prédestiné, en furent les pionniers dans sa forme actuelle. Mais d’autres aussi participèrent activement à cette aventure :
Le Cinématographe Lumière |
![]() kinétoscope d’Edison
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En 1904, Pathé distribue 50 % des films diffusés en Europe et en Amérique. |
Du Voyage dans la lune (1902) de Mélies à Star Wars (1977) de Georges Lucas, il n’y a pas eu de changement technologique fondamental. Bien-sûr vinrent, les films sonorisés dès 1927 et l’introduction progressive de la couleur après 1945. Passé, l’émerveillement technologique, le procédé narratif emprunta beaucoup à la littérature et le jeu des acteurs au théâtre et au cirque, et le cinéma cherchera longtemps son langage propre…
En 1901, les deux frères Pathé commencent à fonder leur empire en construisant une usine phonographique à Chatou, ainsi que deux studios de cinéma. Le succès grandissant, ils feront construire près de deux cents salles de cinéma dans le monde. En 1904, Pathé distribura 50% des films diffusés en Europe et en Amérique… Puis vint Hollywood, le fastfood du cinéma ! Et si quelques chefs-d’œuvre y furent tournés, sa logique de production fut plus celle d’une industrie du cinéma que d’un 7e art… Il faudra attendre les années 80 et l’introduction progressive du numérique, pour pouvoir parler de changement technologique. Un siècle après la projection des frères Lumières à Paris naissait Toy Story (1995) conçu et réalisé de façon entièrement numérique en trois dimensions en utilisant la technique de modélisation (ou même, les acteurs, l’éclairage, la caméra… sont virtuels). Toy Story fut produit par Pixar, appartenant alors à un certain Steve Jobs, PDG d’Apple qui commecialisera en 2007 un balladeur audiovidéo, finalement assez proche du Kinétoscope d’Edison… mais en plus léger ! |
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